Dérailleurs

CVTC : dix mesures prioritaires

Le Club des Villes et Territoires Cyclables a tenu son 19ème congrès à Dijon les 5 et 6 octobre derniers.  En conclusion de ses travaux, le CVTC propose à l’Etat 10 mesures prioritaires en faveur des déplacements à vélo.  Vous trouverez ci-après le communiqué du CVTC ainsi que le commentaire de Dérailleurs.  Communiqué – 07/10/2011  : « Et plus que jamais, l’avenir ne peut se passer du vélo ! » Jean-Marie DARMIAN, réélu à la présidence du Club des villes et territoires cyclables, le 5 octobre 2011, pour 3 ans, a conclu le Congrès national qui s’est tenu à Dijon les 6 et 7 octobre 2011.

« Il y a une ardente nécessité à changer nos modes de vie, nos pratiques de mobilité, nos représentations, nos modes de gouvernance… », une conviction partagée par les 500 participants au congrès : élus, experts, associatifs, industriels… « Nous voulons donc solidairement réaffirmer aujourd’hui qu’il faut une politique nationale vélo dans notre pays, pour une mobilité socialement durable ! » (…)

Jean-Marie DARMIAN a rappelé les « 10 mesures prioritaires proposées par le Club des villes et territoires cyclables, qui, dans la perspective d’un Plan d’action global au niveau de l’Etat, auraient un impact important en ce qu’elles viennent renforcer l’action déjà considérable des collectivités territoriales. Ce programme est réaliste, simple et clair. Il fédère des compétences, des acteurs, des énergies… ».

1. L’affectation de 10% du budget des routes nationales et autoroutes pour l’aménagement d’itinéraires cyclables.

2. Le jalonnement des grands itinéraires de véloroutes et voies vertes.

3. La relance de la démarche « Code de la rue« .

4. La mise en œuvre d’un plan ambitieux de développement du stationnement.

5. Le déploiement du marquage des vélos pour lutter contre le vol (système Bicycode géré par la FUB).

6. Un plan d’actions sur le thème : « le vélo quotidien, c’est bon pour la santé« .

7. Un déploiement à l’échelle nationale des actions d’apprentissage du vélo : les vélo-écoles.

8. Un programme pour le développement de l’usage du vélo auprès des salariés.

9. Une indemnité kilométrique vélo.

10. Le vélo citoyen : une grande campagne de communication.

Le ministre des Transports, Thierry MARIANI, s’est engagé à présenter ce Plan national en décembre prochain, « un signe fort de la part des pouvoirs publics pour accorder au vélo une légitimité pleine et entière et impliquer l’ensemble des administrations », selon Philippe GOUJON, député-maire, président du Groupe interministériel d’étude sur le vélo, mis en place le 13 juillet dernier.

Philippe GOUJON, dans son message adressé en clôture du Congrès a souligné « le formidable travail d’échanges d’expériences et d’expertise que [le Club des villes et territoires cyclables] mène avec efficacité. [le Club] assure ainsi pleinement son rôle de laboratoire des politiques d’urbanisme, de réflexions sur le partage de la ville et l’aménagement du territoire, et constitue un vrai levier des politiques nationales, comme le Code de la rue ». Philippe GOUJON a rappelé que grâce au contact avec le Club, il a pu faire « inscrire dans le Code du travail le remboursement par l’employeur de l’abonnement des systèmes publics de location de vélos, mais aussi imposer dans les nouvelles constructions des obligations de stationnement vélo. »

Pour « Le plan national qui est attendu par tous les cyclistes avec impatience », « les propositions que vous m’avez soumises sont marquées par leur cohérence au service de la vision d’avenir que nous partageons quant à ce mode de déplacement actif et écologique ». Fin du communiqué.

Le commentaire de Dérailleurs.

On retrouve là certaines mesures qui figuraient déjà dans le fameux « rapport Le Brethon », que l’ancienne député-maire de Caen avait remis en 2004 au premier ministre. Une nouvelle « bible » donc, sur laquelle élus et associations pourront s’appuyer pour interpeller l’état et les élus locaux. Espérons qu’elle sera plus respectée, tant la France est championne du monde des rapports, plans et autres programmes ronflants mais non suivis d’effet.

En dernier ressort, c’est toujours aux citoyens, à travers leurs associations, de faire pression pour que les choses avancent. D’où l’intérêt d’adhérer à une association comme Dérailleurs.

En l’occurrence, imaginons un instant que Caen-la-Mer, par exemple, décide de s’appliquer à elle-même le premier point de ce programme : 10% des crédits prévus par Caen-la-Mer pour les travaux routiers dans son projet d’agglomération, ça fait 12M€, soit :

– doubler la somme prévue actuellement pour les aménagements cyclables

– réaliser environ 84 km de pistes cyclables neuves (de quoi plus que doubler le kilométrage de pistes cyclables à Caen), ou… 8275 km de véloroutes (d’après les coûts estimés par le Conseil Général de la Manche).

Allez, chiche !

1 commentaire sur CVTC : dix mesures prioritaires

  • Jérôme

    Au-delà des « rapports, plans et autres programmes ronflants », la première mesure à envisager serait, à mon avis, d’appliquer les textes et règlements. Il ne sert à rien d’aller plus loin, en matière de « code de la rue » par exemple, tant que sur le terrain élus et administrations chargés d’appliquer les mesures prises en faveur du vélo auront une attitude conservatrice, voire rétrograde. La loi sur l’air aurait été appliquée, il n’y aurait plus besoin aujourd’hui de tels rapports : la face des villes françaises aurait été transformée. De même, si le code de la route était appliqué aux aménagements cyclables (signalisation, priorités…), les cyclistes circuleraient dans de meilleures conditions. Dernier exemple en date : l’autorisation de tourner à droite au feu rouge, inapplicable pour l’heure car soumise à l’installation d’un panneau qui n’existe pas…
    Donc, point 1 (et unique) : application des lois, règlements, et respect du bon sens, c’est à dire de l’idée de primauté du « faible sur le fort », en matière de circulation. Le reste viendra tout seul.