Dérailleurs

Désolé, je ne vous avais pas vu !


« Désolé(e), je ne vous avais pas vu ! » Voilà l’excuse qui nous est servie le plus souvent à nous autres cyclistes et piétons de la part des automobilistes distraits. Que penser ? Que dire ? J’ai été victime récemment d’un accident de la circulation dans lequel une automobiliste arrêtée à un stop a redémarré au moment où je passais devant elle. C’était en ville, il était 14h00, je portais une veste jaune fluo, mon phare avant était allumé, la vue sur sa gauche était complètement dégagée … et pourtant, elle ne m’a pas vu arriver !  Depuis, je m’interroge.

La suite de cet article est librement inspirée d’un article publié sur le site de carfree.fr (Désolé, je ne vous avais pas vu)

Le plus agaçant, dans cette excuse presque mécanique, c’est qu’elle tend à reporter la faute sur le cycliste ou le piéton. L’automobiliste ne dira jamais : « Désolé, je n’ai pas regardé ». La plupart du temps, l’automobiliste est de bonne foi, il reconnaît sa faute, il n’a évidemment pas souhaité la commettre … et on serait presque tenté de l’absoudre. Mais il ne faut pas rentrer dans ce jeu. Il faut mettre l’automobiliste en face de ses responsabilités : oui, conduire en ville ce n’est pas drôle ; oui, conduire en ville nécessite une attention de tous les instants ; oui, conduire en ville est incompatible avec la distraction, le stress, l’énervement. Comme le fait justement remarquer un commentaire à l’article cité plus haut : « Le problème de la voiture est qu’elle est à la fois l’arme et l’armure, et il est donc très difficile de se rendre compte de l’impact que cela peut avoir tant qu’on n’a pas eu soi même un accident ayant occasionné des dommages corporels. A vélo ou à pied, l’absence de carrosserie nous fait prendre conscience de ce danger. La plupart des automobilistes ne perçoivent pas ce danger et leur « désolé » traduit un déni de la gravité de l’acte« .

On ne voit que ce qu’on cherche à voir. Après cet accident, un ami m’a dit : « L’automobiliste ne t’a pas vu parce qu’elle ne s’attendait pas à voir un vélo mais une voiture ». A ce propos, il me plaît à penser que plus il y aura de vélos en ville, plus l’automobiliste s’attendra à voir des vélos et plus il verra arriver des vélos. Ce serait donc une simple question de « masse critique » ?

On ne voit que ce qu’on cherche à voir. Cette affirmation est illustrée par la vidéo suivante « so british » pour inciter les automobilistes à faire attention aux cyclistes. Même si vous ne maîtrisez pas l’anglais, vous allez comprendre très vite.

A noter que ces jours derniers, la ville de Londres a été endeuillée par la mort de 8 cyclistes, dont 5 en 9 jours tous victimes d’un bus ou d’un poids-lourd « qui ne les a pas vus » (la polémique fait rage à propos de la politique cyclable initiée par le maire de Londres pro-vélo Boris Alexander).

3 commentaires sur Désolé, je ne vous avais pas vu !

  • Antoine

    Cette vidéo me fait aussi penser à celle-ci http://www.youtube.com/watch?v=v3iPrBrGSJM. Pourtant, étant donné qu’il s’agit de magie, on est attentif aux détails et malgré cela, à la fin, on découvre s’être fait avoir.

  • corbin

    Une autre attitude très commune consiste à avancer un peu au-delà de la ligne de STOP, histoire de gagner du temps et d’arriver à cette ligne en accélérant brutalement, tous comportements qui déstabilisent le cycliste qui a le malheur de passer à ce moment-là et a tendance, pour se protéger, à faire un écart pouvant lui être préjudiciable. Là aussi, l’automobiliste ne se sent pas coupable puisque lui, il n’a pas eu peur du tout et s’est bien arrêté !

  • Effectivement, les automobilistes ne sont pas habitués à voir des cyclistes et leurs yeux n’en cherchent donc pas sur la chaussée.
    Néanmoins, est-il permis aux aveugles d’obtenir un permis de conduire ? Non !

    Il est facile de se retrancher derrière le « Je ne vous ai pas vu… » ; il est autrement plus difficile de prendre conscience que conduire et circuler sur une route ouverte à la circulation demande une concentration constante.
    Les automobilistes voient bien les nids de poule sur la chaussée, mais pas un cycliste avec un gilet fluo… les nids de poule sont-ils plus gros et plus lumineux que les cyclistes ?