Dérailleurs

Des Plages au Mont (2)

Dans un article précédent nous vous avons présenté ce que nous sommes convenus d’appeler le « Y » départemental en commençant par le tronçon Bayeux / Villers-Bocage. Voici la suite de notre reportage sur cette véloroute des Plages du Débarquement au Mont-Saint-Michel : cette semaine, nous avons parcouru pour vous le tronçon Villers-Bocage / La-Ferrière-Harang.

Villers-Bocage / La Ferrière-Harang.

C’est un parcours de 27 km, essentiellement sur de petites routes très bien revêtues (bitume lisse sur la plus grande partie), à l’exception d’un court passage à l’est de Saint Martin des Besaces (bicouche dégradé). Il y a toutefois quelques passages sur des routes plus fréquentées, sans aménagement, en particulier à la sortie ouest de Villers-Bocage, où l’itinéraire, indiqué comme « provisoire » (panneaux orange) emprunte la grosse D675. Sur quelques kilomètres, la densité de circulation excède les préconisations du cahier des charges national pour une « route partagée ».

Si les cyclistes pressés peuvent hésiter à emprunter la véloroute Bayeux-Villers, qui serpente dans la campagne et allonge la distance (voir notre précédent article), ils ont ici peu d’alternative à cet itinéraire jalonné : le passage par la D675 jusqu’à Saint Martin des Besaces est certes un peu plus court (24 km), mais pas mieux revêtu, beaucoup moins agréable (route large et fréquentée), et il faudrait monter encore plus !

Cependant, on circule rarement sur le plat. Si les côtes ne sont jamais longues, elles sont nombreuses : le dénivelé positif total atteint environ 450 m dans le sens Villers-La Ferrière, avec un pourcentage de côtes assez souvent supérieur à 5%, qui atteint même plus de 10% sur un court passage à l’est de Saint Martin des Besaces. Le parcours est donc à déconseiller à de jeunes enfants, ou à des cyclistes chargés peu entrainés.

Plusieurs aires de pique-nique invitent à s’asseoir pour reprendre des forces le long de la route. On pourra se ravitailler à Villers-Bocage et Saint Martin des Besaces, où l’on trouvera, ainsi qu’à Saint Ouen des Besaces, toilettes et points d’eau.

Le jalonnement est correct, mais imparfait, et moins bon qu’entre Bayeux et Villers-Bocage. Il utilise les panneaux normalisés (vert sur fond blanc), mais en général sans aucune mention autre qu’un logo « vélo ». On peut parfois se demander si on est dans le bon sens … Lorsque des directions sont mentionnées, elles varient d’un panneau à l’autre : indication du prochain  village (« Les Loges »), d’une destination un peu plus lointaine et plus importante (« Saint Martin des Besaces ») ou de la destination finale (« Mont Saint Michel »). Des distances sont associées à ces mentions : c’est bien. Mais le principal carrefour de Villers-Bocage, par exemple, est dépourvu de toute indication de direction, et, en sortant de cette commune vers l’ouest, il faut être vigilant pour ne pas manquer 1 km plus loin à droite la route vers Cahagnes …

Il existe désormais une numérotation des véloroutes européennes et nationales, et des recommandations pour créer une numérotation locale. Il serait urgent qu’une  réflexion s’engage dans ce sens au niveau régional (le département de la Manche prend désormais en compte la numérotation officielle des grands itinéraires : c’est un début qui doit être harmonisé et élargi). Il n’est pas intéressant de savoir qu’on est sur une véloroute si on ne sait pas où elle va !

De plus, plusieurs carrefours n’ont pas du tout de panneau, les aménageurs ayant sans doute pensé que, dans le doute, les cyclistes iraient tout droit (c’est le bon choix, en effet). Dans le centre de Cahagnes, et à la sortie ouest de Saint Martin des Besaces, c’est plus gênant : des travaux ont eu lieu, et le jalonnement a purement et simplement disparu. Enfin, il n’y a aucune signalisation de « rabattage » vers la véloroute. Elle pourrait être utile à Villers-Bocage et à Saint Martin des Besaces, où des cyclotouristes de passage peuvent passer à quelques mètres sans en soupçonner l’existence. Il faudra donc, au minimum, se munir de la carte du parcours distribuée gratuitement par le conseil général pour ne pas errer dans le Bocage à la recherche de la véloroute perdue !

Il est dommage de constater ces imperfections, car le principal intérêt de ce type d’itinéraire est d’offrir un parcours continu par de petites routes sans nécessiter, justement, de s’arrêter à tous les carrefours pour sortir carte, boussole et GPS … Il n’en reste  pas moins que l’impression ressentie entre Bayeux et Villers-Bocage est confirmée : c’est un itinéraire agréable, paisible, qui offre une belle traversée de la Normandie rurale à l’écart des grands axes et des sites très touristiques.

C’est à la sortie sud de la Ferrière Harang que l’on trouve l’un des embranchements importants (l’autre est à Bayeux) : on peut en effet choisir de poursuivre vers Vire et le Mont Saint Michel, ou de rejoindre, via Pont-Farcy, la voie verte le long de la Vire qui remonte vers le nord pour atteindre Carentan et, au-delà (le parcours n’est pas terminé) l’extrémité ouest des plages du débarquement, Utah Beach.

Crédit photo : Jérôme.

Un jalonnement discret, mais globalement correct …

… cependant, les mentions de directions ne sont pas assez nombreuses …

… c’est par ici, ou c’est par là ?

Des tables de pique nique accueillantes sont disposées le long du parcours.

Les montées sont courtes, mais nombreuses.

Un panneau exemplaire, malheureusement trop rare.


L’église et le poilu de St Ouen des Besaces veillent …

… sur le vélo d’un cycliste jamais reparti ?

En dehors de cette courte portion à proximité de St Martin des Besaces, le revêtement est bon, et souvent excellent.

A St Martin des Besaces, on peut passer de l’autre côté de la place sans soupçonner la présence de la véloroute. Des mentions de destinations plus proches devraient être ajoutées.

Un paysage qui suit le rythme des saisons.

A la sortie de La Ferrière-Harang, important carrefour de cette véloroute …

… vers le nord, il faut choisir entre Bayeux et St Lô.

Paysage du bocage.

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