Dérailleurs

EuroVelo 4 en Côte de Nacre

Il y a un quart de siècle, le Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples de la Côte de Nacre (on disait SIVOM) donnait mission à un cabinet d’études pour étudier le tracé d’un aménagement cyclable entre Ouistreham et Courseulles. Le cabinet d’études s’était retourné vers Dérailleurs : l’étude reprenait une bonne part des préconisations de l’association. Naïfs, le jeune Bureau de Dérailleurs avait alors espéré que des réalisations suivraient. Las !

Il fallut attendre quelques années pour voir une piste cyclable à Ouistreham, prolongée ensuite sur le territoire de Colleville. Au-delà, rien ne bougea, ou presque. En 25 ans, on vit apparaître (et parfois disparaître) quelques embryons de pistes à Luc, Bernières et Courseulles, et, plus récemment, des pistes cyclables, improprement appelées « voies vertes » entre Courseulles et Bernières, puis entre Luc et Lion. Pendant ce temps, le schéma des EuroVelo-routes fut adopté, le schéma national des véloroutes et voies vertes suivit, et la Basse-Normandie fut la première région à s’accorder avec l’Etat pour un schéma régional. Sur le papier, dès 1998, l’itinéraire cyclable passant par la Côte de Nacre s’appelait EuroVelo-route 4, et reliait Roscoff (à l’ouest de Courseulles) à Kiev (à l’est d’Ouistreham). Sur le terrain, rien, ou si peu.

Alors imaginez l’émotion du désormais chenu ex-secrétaire de Dérailleurs quand, ce dimanche 21 juin 2015, dans la forêt de panneaux à l’entrée du pont qui traverse le bassin à flot du port de Courseulles, il note l’apparition de deux petits nouveaux. Certes, ils sont modestes, mais après 25 ans d’attente, il ne faut pas bouder son plaisir. A gauche, un panneau orange indique « Véloroute littorale. Fin provisoire d’itinéraire » (on a beau être rendu méfiant par l’expérience, on espère quand même que « provisoire », ça ne signifie pas « encore 25 ans »). A droite, et pour la première fois dans le Calvados, s’affiche le logo de l’EV4 (et celui, tout neuf, du conseil départemental) surmontant un « Ouistreham, 19 ». Un vent sensible souffle de l’ouest, le ciel hésite entre bleu et gris … C’est parti pour une revue de détail.

Le logo de l’EV4 s’affiche pour la première fois dans le Calvados.

Courseulles-sur-Mer.
La commune de Courseulles nous a habitués à des aménagements cyclables étranges, hors normes (c’est à dire non réglementaires), et bien souvent dangereux : itinéraires jalonnés sans indications de direction, menant de n’importe où à nulle part, bandes cyclables à double sens, trottoirs partagés : les rues courseullaises sont un vrai catalogue de ce qu’il ne faut pas faire …
L’EV4 s’engage le long de la Seulles, dans une rue en sens unique, sur une bande cyclable. L’autre sens de circulation est reporté sur une rue parallèle, également en sens unique. Il aurait été préférable ici de créer un double sens cyclable. La largeur de la rue permet difficilement de tracer une bande (les voitures roulent sur celle qui existe), mais on pourrait envisager des solutions sécurisantes : zone trente, voire zone de rencontre, ou même zone piétonne devant les étals des poissonniers : pourquoi en effet permettre le transit, et le stationnement, souvent anarchique ? D’ailleurs, on peut aussi s’interroger sur la pertinence des places de stationnement côté Seulles : leur suppression permettrait la création d’une belle bande cyclable dans le sens est-ouest.
Au-delà du parking du front de mer, sur l’avenue de la Combattante, on roule sur une bande cyclable à double sens d’à peine plus d’un mètre de largeur. Cette situation est dangereuse et illégale ! Une bande cyclable ne peut pas être à double sens ; une piste cyclable bidirectionnelle doit mesurer 3 m de large. Elle est indiquée comme provisoire. Espérons qu’elle ne passera pas l’été, et regrettons que le récent réaménagement de la digue n’ait pas intégré la circulation des vélos, mais au contraire justifié la suppression de la piste qui l’empruntait en partie.
Un peu plus loin, au niveau de la piscine, cette bande cyclable change de nature et devient unidirectionnelle. Il faut traverser pour continuer. Cette traversée est mal indiquée, et pas sécurisée. Le principe d’aménagement retenu pour la seconde moitié de l’avenue est intéressant : une voie centrale banalisée et, de chaque côté, une bande cyclable.
Face au camping, il faut tourner à gauche (dans l’autre sens, le jalonnement est invisible) pour rejoindre la mer par un drôle de zigzag sur un parking.
Après une trop courte section de piste cyclable en bord de mer, on oblique à droite, sur une voie verte au revêtement dégradé qui traverse le parc de l’Edit, jusqu’à rejoindre la D514.
Cette route est longée, entre Courseulles et Bernières, par une voie improprement baptisée « voie verte », au revêtement correct mais bien trop étroite, d’autant que, par manque d’entretien, la végétation gagne. Par endroits, cet aménagement qui n’est séparé du fort trafic automobile que par une lisse en bois ne mesure pas plus d’un mètre de large.

Notre avis : globalement l’itinéraire suivi par l’EV4 sur le territoire de Courseulles est satisfaisant, mais des aménagements sont nécessaires pour assurer la sécurité des cyclistes.

… bande cyclable à double sens : cette situation est dangereuse et illégale !

Passage en bord de mer

une « voie verte » bien trop étroite

Bernières-sur-Mer.
Côté Bernières, un cycliste circulant sur la D514 vers Courseulles ne pourra pas rejoindre la « voie verte », qui oblique sur une rue perpendiculaire et s’interrompt de manière trop abrupte en venant buter sur des places de stationnement. Il faut bientôt tourner à gauche par le chemin du Château, derrière le camping. La signalisation est insuffisante et plus d’un cycliste va continuer tout droit. Ce passage est bien vu, mais mal revêtu. On continue dans Bernières, jusqu’à rejoindre la piste cyclable existante le long de la D514, par de petites rues tranquilles dont certaines ont été aménagées en double-sens cyclable pour l’occasion. C’est agréable. Avant le supermarché, à l’extrémité de la piste, il faut traverser et rejoindre la digue. Là encore, le jalonnement est insuffisant. La suite, sur la digue, est toujours agréable, excepté au passage des descentes vers la plage qui doivent être négociées avec prudence, et où le passage des vélos mériterait d’être mieux marqué. On note aussi la présence d’une barrière très basse pouvant se révéler dangereuse pour un cycliste un peu distrait (et on peut l’être, ici, en bord immédiat de la plage).
A l’extrémité est de la digue de Bernières, un court tronçon de voie verte en stabilisé a été créé sur un espace vert (tables de pique-nique) pour rejoindre la D514. Malheureusement, le débouché est partiellement barré par un bloc rocheux dangereux et laissant trop peu d’espace.

Notre avis : le passage de l’EV4 à Bernières est plutôt réussi.

… petites rues tranquilles dont certaines ont été aménagées en double-sens cyclable

passage sur la digue où le passage des vélos mériterait d’être mieux marqué

… un court tronçon de voie verte en stabilisé

Saint-Aubin-sur-Mer.
Il faut avoir l’œil pour repérer le panneau qui indique à droite la poursuite de l’itinéraire sur l’avenue de la Libération, mais ce n’est qu’un début … L’itinéraire traverse Saint Aubin par une succession de rues, de passages assez étroits et surtout sans intérêt.
C’est une déception importante. Saint Aubin est une commune caractéristique, pour ne pas dire emblématique, de la Côte de Nacre, et les cyclistes sont priés de traverser par l’arrière, sans déranger. Certes, les rues sont étroites, mais l’option retenue n’est pas la bonne.

Notre avis : à revoir !

… une succession de rues, …

… de passages étroits, …

… et surtout sans intérêt.

Langrune-sur-Mer.
On débouche à nouveau sur la D514, que l’on traverse vers un parking. A noter : en ce dimanche 21 juin, le panneau indiquant Courseulles est positionné à l’inverse de la direction réelle.
On rejoint la mer. Pour l’occasion, un double sens cyclable a été créé sur la promenade Aristide Briand. C’est bien, mais il aurait été encore plus intéressant de s’interroger sur la pertinence de la circulation générale sur cette portion de rue en front de mer. Ici, les voitures tournent pour se disputer une vingtaine de places de stationnement en bord de plage. C’est inconvenant ! Seuls les véhicules des riverains devraient y être autorisés …
D’ailleurs, la seconde partie de la digue, elle, est interdite aux véhicules motorisés : pourquoi cette demi-mesure ?
Après l’école de voile, on traverse à nouveau la D514 pour rejoindre, à proximité d’un camping, une voie verte étroite, en stabilisé, fermée par des barrières très gênantes pour les remorques, tricycles et fauteuils. C’est le tracé de l’ancienne voie ferrée Caen-Courseulles. En-dehors de ce détail historique (on rappellera quand même qu’il existait avant guerre des trains directs Paris-Courseulles…), cette voie n’a pas d’intérêt , et elle éloigne les cyclistes d’un des plus beaux points de vue de la Côte de Nacre : la légère descente vers Luc et sa jetée, et, au loin, la côte Fleurie, l’estuaire de la Seine, les cheminées du Havre et les falaises de Seine Maritime …

Notre avis : on quitte Langrune moitié content moitié déçu. L’EV4 existe, mais sa place est comptée et les cyclistes doivent savoir s’effacer devant ses « Majestés » que représentent voitures et campings-cars (auxquels un parking est réservé près de l’école de voile, à proximité immédiate de la mer …)

un double sens cyclable a été créé sur la promenade Aristide Briand

Horreur ! On fait comment avec un tandem, un tricycle, une remorque, un fauteuil ?

Luc-sur-Mer.
On entre dans Luc sur un trottoir, ça commence mal. La mer est proche mais on s’en éloigne vers le sud, toujours en suivant le tracé de l’ancienne voie ferrée, au revêtement à peine meilleur qu’un ballast. Luc est sans doute la commune de la Côte qui possède la plus grande densité de places de stationnement en front de mer, et elle semble y tenir comme à un trésor. Les cyclistes circulant sur l’EV4 sont donc priés, ici aussi, de faire des détours dans les arrières-cours, dont un passage si étroit, avec un virage à angle droit que bien des tandems et remorques auront du mal à négocier, qu’il leur est demandé, comble de l’hypocrisie sur un itinéraire cyclable, de mettre « pied à terre ». L’ensemble est plutôt dangereux, biscornu, sans intérêt. Il faut redoubler d’attention pour suivre les panneaux, traverser des rues, des parkings, tourner, et, si l’on y parvient, on est récompensé par un petit passage au-dessus de la digue, mais toujours en compagnie des voitures qui tournent pour chercher un stationnement.
On sort de Luc sur des bandes/pistes cyclables mal conçues, aux intersections dangereuses ne respectant pas les règles de priorité édictées par le code de la route, avant de rejoindre une belle piste bidirectionnelle improprement baptisée « voie verte » (ce qui permet de donner la priorité aux intersections à tous les autres usagers, y compris à ceux qui sortent des chemins …) qui nous mènera à Lion.

Notre avis : l’EV4 à Luc, c’est complètement raté. Il faudrait entrer dans le 21ème siècle et réfléchir à un aménagement moderne du front de mer, plutôt que de poursuivre la version pompidolienne de la « ville adaptée à la voiture » …

La mer est proche mais on s’en éloigne vers le sud.

c’est toute la place qu’offre Luc sur Mer aux voyageurs à vélo

… petit passage au-dessus de la digue, mais toujours en compagnie des voitures qui tournent pour chercher un stationnement.

Lion-sur-Mer.
La piste/voie verte oblique à gauche vers la digue, que l’on emprunte avec quelques voitures de riverains. C’est correct et la vue est belle. Puis la digue devient une aire piétonne et les cyclistes sont priés de ralentir : c’est normal. Mais le bitume s’interrompt et la digue est alors bien caillouteuse. Ensuite, piétons et cyclistes retrouvent des cheminements séparés. Côté piétons, le revêtement est lisse. Côté cyclistes, il est dégradé, et surtout bien ensablé, ce qui peut le rendre dangereux…
Lion partage avec Courseulles le goût pour les panneaux « vélo » ne menant nul part, et autres aménagements cyclables illégaux (panneaux fantaisistes de rues ou trottoirs « partagés »). Le passage sur l’EV4 ne permet pas de voir ces curiosités (et c’est tant mieux).

Notre avis : l’itinéraire retenu est bon, mais le revêtement doit être partiellement amélioré.

… la vue est belle.

… la digue est alors bien caillouteuse.

… le revêtement est dégradé, et surtout bien ensablé, ce qui peut le rendre dangereux…

Hermanville-sur-Mer.
On poursuit en front de mer, dans les mêmes conditions et avec les mêmes problèmes : piste ensablée, et demi-barrières peu visibles peuvent être source d’accidents.

Notre avis : une mise à niveau est urgente !

… piste ensablée et demi-barrières peu visibles …

Colleville-Montgomery.
Une belle piste cyclable double la promenade piétonne, entre le boulevard maritime et la plage. Malheureusement, quelques panneaux « stop » incongrus et illégaux donnent la priorité aux tracteurs qui remontent parfois de la plage avec des bateaux. Ce dimanche 21 juin, c’est ici que l’on rencontre le dernier panneau estampillé « EV4 », mais des travaux semblent encore en cours (marquages au sol).

Une belle piste cyclable double la promenade piétonne …

… quelques panneaux « stop » incongrus et illégaux …

Ouistreham.
Jusqu’au Casino, la piste se poursuit, et elle est de bonne facture. Au-delà, et jusqu’au quai Charcot où débute la voie verte vers Caen, c’est de plus en plus problématique : partage avec les piétons souvent délicat, stationnement sauvage des voitures et, depuis peu, revêtement dégradé (racines) autour de la gare maritime.
Cette situation est dénoncée depuis longtemps, mais rien ne bouge…

Jusqu’au Casino, la piste se poursuit, et elle est de bonne facture.

Bilan et conseils aux voyageurs.
La mise en place d’un jalonnement entre Ouistreham et Courseulles, avec l’affichage, pour la première fois dans le Calvados, de l’EV4, est une étape importante. Elle était attendue depuis plus de 20 ans. Elle aurait pu être parfaite, et pas seulement symbolique, si les actes avaient suivi les intentions affichées (promotion du vélo et développement durable sont des expressions maintenant courantes dans les discours…). Elle ne l’est pas, moins désormais par manque de « culture vélo » (la qualité globale du jalonnement ou les aménagements de double sens cyclables montrent que les services du conseil départemental ont désormais de bonnes références théoriques) que par choix politique. Tant que les élus préféreront voir en bord de mer des automobiles en stationnement que des vélos en mouvement, le partage de l’espace ne pourra pas être fait, et les cyclistes auront du mal à s’approcher de la côte.

A ce jour, on peut conseiller à un cyclovoyageur circulant entre Courseulles et Ouistreham :

  • de suivre l’EV4 entre Courseulles et Saint-Aubin ;
  • de la quitter à l’entrée de Saint Aubin pour rester près de la mer et de l’activité de cette charmante station balnéaire (sur la digue dans les périodes autorisées, par la rue Pasteur sinon);
  • de suivre l’EV4 dans la traversée de Langrune;
  • de la quitter au niveau de l’école de voile de Langrune pour emprunter la D514 : il bénéficiera d’un plus beau parcours, et sera à notre avis plus en sécurité que sur la véloroute, jusqu’au niveau de la brèche Laurent à Luc. A Luc, dans les périodes autorisées, il pourra aussi emprunter la digue …
  • de suivre l’EV4 ensuite jusqu’à Ouistreham, mais en faisant particulièrement attention entre Lion et Colleville (sable).

4 commentaires sur EuroVelo 4 en Côte de Nacre

  • FAVERIE

    Pour information, la digue-promenade d’Hermanville sur mer est une VOIE PRIVEE RESERVEE AUX PIETONS où les vélos sont tolérés à une vitesse de 10 km/heure. Ce n’est donc pas une piste cyclable ! Il est donc nécessaire que vous rectifiez votre tracé à l’intention de vos adhérents pour éviter les malentendus. Les cyclistes qui veulent rouler à grande vitesse doivent se détourner du front de mer à cet endroit.

    • André-Pierre

      Vous nous donnez trop d’importance … ce tracé n’est pas notre tracé mais celui de l’EuroVelo 4, une véloroute qui fait partie d’un projet de réseau européen de grands itinéraires cyclables (70.000 km au total). Cet itinéraire a été repris dans le Schéma National des Véloroutes et Voies Vertes puis dans le Schéma Régional et enfin dans le plan vélo départemental. Aujourd’hui, c’est le conseil départemental du Calvados qui est responsable de ce tracé que nous soutenons même si au niveau d’Hermanville nous disons qu’une mise à niveau est urgente. Nous allons vérifier mais il nous semble très étonnant que le conseil départemental du Calvados fasse passer une véloroute dont il a la responsabilité sur une voie privée !!

      A propos de nos adhérents, il n’y a aucun malentendu. Nous faisons la promotion à la fois du vélo au quotidien (le vélo utilitaire) et la promotion du tourisme à vélo mais aucunement du vélo à usage sportif. Cet itinéraire est un itinéraire de promenade et de voyage et, je vous rejoins sur ce point, les cyclistes qui veulent rouler à grande vitesse doivent aller voir ailleurs.

      André-Pierre HODIERNE
      Président de Dérailleurs

  • Jérôme

    Je dirais même plus…
    Les promeneurs locaux n’ont pas attendu la signalisation, et encore moins nos informations, pour circuler sur la digue. La signalisation ne fait que constater un état de fait. NDans l’état actuel de la digue, il est impossible d’y rouler rapidement, et, d’ailleurs, nous mettons en garde les utilisateurs : la voie est ensablée et parfois dangereuse. Les cyclistes sportifs, eux, ne s’y aventurent jamais, et roulent sur la D514, comme le font beaucoup de cyclistes « en déplacement », qui souhaitent aller un peu plus vite, même si les conditions de circulation sur la route donnent la part belle aux voitures.
    Il me semble que des riverains circulent en voiture sur la digue pour accéder à leurs propriétés : est-elle donc vraiment réservée aux piétons ?
    Vouloir empêcher l’usage du vélo, sous toutes ses formes, considérer les cyclistes a priori comme de dangereux fauteurs de troubles, refuser l’accès à la mer des promeneurs à vélo : c’est un combat d’arrière garde, et particulièrement malvenu dans une région où le tourisme à vélo est un potentiel économique sous exploité.

  • LeBret

    Une partie de la digue (mais seulement une partie) est bel et bien privée: http://www.ouest-france.fr/le-plan-velo-poursuit-sa-route-sur-la-cote-de-nacre-1467580
    Et le conseil général est au courant en plus.