Dérailleurs

Le succès de Loire à Vélo fait pédaler l’emploi

On le savait déjà : le vélo c’est bon pour la santé, le vélo c’est bon pour la mobilité, le vélo c’est bon pour l’environnement. Il semblerait que certains de nos élus finissent par se rendre compte que le vélo c’est bon pour l’emploi. Partie prenante de l’Eurovéloroute N° 6 (EV6 Atlantique – Mer Noire), la Loire à Vélo connait un engouement de plus en plus marqué, ce qui n’est pas sans retombées pour l’économie. Nous reproduisons ci-dessous un  article paru dans Ouest-France du 4 avril 2011

L’an dernier, ils ont été 736 000 cyclistes à parcourir 21,5 millions de km. La moitié sont des touristes, gens plutôt aisés. Le vélo route est un judicieux investissement.

Un million de personnes avec les fondus de roller.

C’est un sacré « vélo route ». Il court de Saint-Brévin-les-Pins en Loire-Atlantique jusqu’à Cuffy dans le Cher. 736 000 cyclistes ont emprunté l’itinéraire Loire à vélo en 2010. Ils ont parcouru 21,5 millions de km (1). En ajoutant les fondus de roller, les piétons et autres joggers, la fréquentation dépasse allégrement le million de personnes. Cinq ans après son lancement officiel, La Loire à vélo, projet soutenu en tandem par les régions Centre et Pays de la Loire en lien avec les départements, a trouvé son rythme de croisière.

68 € en moyenne par jour.

Plus de la moitié des sorties à vélo sont effectuées par des touristes, dont 36 % d’étrangers (Néerlandais et Allemands en tête). Un quart des cyclistes sont itinérants. Ils changent d’hébergement chaque soir. Les Français s’y mettent de plus en plus. Après l’effort le réconfort. Les cyclistes sont amateurs de bonne chair et de nourritures culturelles, musée et autres. En repas, hébergement et autres achats, ils dépensent 68 € par jour. Leur fréquentation, autour de huit jours, dépasse les durées habituelles. Le portrait-type est celui d’un couple plutôt aisé : des jeunes seniors ou des cadres supérieurs. Mais la palette est large depuis les étudiants adeptes du camping sauvage au riche Australien à même de dépenser 1 500 € pour un séjour d’une semaine en relais château. Sans oublier les familles avec de jeunes enfants, de plus en plus nombreuses.

Marges de manoeuvres.

Les 800 km de La Loire à vélo devraient être définitivement balisés et sécurisés fin 2012. La part des pistes cyclables est de 12 %. Le reste est réalisé sur des voies vertes ou des routes partagées. En Pays de la Loire, des aménagements sont au menu dans la section Montjean-Saint-Florent-le-Viel, Mauves-La Chapelle-Basse-Mer-Champtoceaux. Une portion d’un kilomètre sur la digue de Mindin (commune de Saint-Brévin-les-Pins) permettra la jonction avec la voie cycliste Nord-Sud de Roscoff à Hendaye. 50 millions ont été dépensés depuis 1995, mais c’est sans doute l’un des meilleurs retours sur investissement. Les seules retombées directes ont atteint 15 millions d’euros l’an dernier. C’est au moins 150 emplois directs et deux à trois fois plus d’indirects. « La Loire à vélo est devenue un produit touristique à part entière », fait valoir Jacques Auxiette, président de la Région Pays de la Loire. En sachant qu’il y a encore des marges de manoeuvre. Des Franciliens à attirer et des campings mieux adaptés pour prolonger les séjours dans l’avant et l’arrière-saison.

(1) Étude réalisée par Indeggo-Altermodal pour le compte du comité régional du tourisme Centre-Val de Loire et de la SEM Pays de la Loire, avec cofinancement de l’État.

Thierry BALLU.

Les commentaires sont clos