Dérailleurs

Voies Vertes et barrières


P….. de barrières !! Le 17 juillet dernier, en descendant de Caen à Orléans pour rejoindre la Loire à Vélo, j’ai emprunté la nouvelle Voie Verte Alençon – Condé sur Huisne. Je me faisais une fête de découvrir ce nouvel itinéraire … et je n’ai pas décoléré de la journée. La faute à ces maudites barrières dont le franchissement n’a dû être prévu que pour les piétons et les monocycles. J’exagère un peu, mais la plupart des passages aménagés pour contourner ces barrières ne permet pas de passer avec des sacoches remplies, avec une remorque pour enfant, avec un tandem ou avec un tricycle. Pour notre part nous étions en tandem avec sacoches à l’avant et à l’arrière … et ça ne passe pas dans 80% des cas. La géométrie des passages ne le permet pas mais aussi l’absence de revêtement à cet endroit … et les fortes pluies tombées dans les jours précédents n’ont rien arrangé à l’affaire. Ce problème de barrières n’est pas spécifique à cette voie verte en particulier … mais là, les aménageurs ont fait très fort !

L’image ci-dessus est un bon exemple de la façon dont les aménageurs traitent parfois le problème des passages de barrières. Pour empêcher les motorisés d’emprunter la Voie Verte, ils en finissent par oublier un des objectifs premiers de cette Voie Verte : la circulation des cyclistes. Ici, la photo est prise au départ de la Voie Verte à Alençon. Il faut contourner la barrière par la droite puis se rabattre immédiatement derrière pour passer devant le deuxième poteau en bois destiné à recevoir la barrière en position ouverte. De plus, le passage est resté en terre (ailleurs ce sont de gros cailloux) … après la pluie, la roue avant s’enfonce et la direction est plus qu’approximative. Résultat avec notre tandem : sacoche arrière gauche arrachée (si ce n’est pas l’arrière gauche, ce sera l’avant droite sur le deuxième poteau).

Assez énervé par ce problème de barrières, j’ai écrit au Syndicat Mixte en charge de cette Voie Verte (PDF), ainsi qu’aux Présidents du Conseil Général de l’Orne et du Conseil Régional de Basse-Normandie (PDF), tous deux co-financeurs de cette Voie Verte. Puis, je me suis penché sur le problème de ces barrières …

Quels sont les objectifs des ‘poseurs de barrières’  :

1) empêcher physiquement l’intrusion des motorisés.

On peut lire sur le site de Via Rhôna : « En général, le danger d’intrusion d’usagers non autorisés est très largement surestimé. La multiplication non justifiée de mobiliers de contrôle d’accès s’avère pénalisante pour tous les usagers. Le choix de l’installation d’une barrière doit être, à chaque intersection, mûrement réfléchi. »

… et sur le site de la Voie Verte Alençon – Condé s/Huisne : « D’une manière générale, on constate sur les voies vertes existantes que ces usagers (les motorisés) ne les fréquentent pas (linéaire qui ne correspond pas à leurs attentes) d’autant que les piétons ou cyclistes ne manquent pas de faire respecter cette règle. »

Or, le plus souvent, on assiste à la mise en place « d’ouvrages de défense » disproportionnés qui n’empêcheront jamais un deux roues motorisé d’emprunter une Voie Verte (si un vélo solo peut passer, un scooter passera également). On peut, sous d’autres cieux, emprunter en toute sécurité des équipements cyclables, défendus simplement par un panneau d’interdiction et éventuellement un ou deux potelets plantés dans le sol.

2) ralentir les usagers aux croisements dangereux.

Ralentir, oui. Empêcher le passage, mettre à pied ou risquer de provoquer une chute, non. On peut d’ailleurs toujours s’interroger sur la raison pour laquelle il est nécessaire de ralentir les cyclistes avec force barrières et chicanes sur les Voies Vertes, alors que partout ailleurs un panneau « cédez le passage » ou « stop » est suffisant. Le cycliste sur Voie Verte serait-il plus indiscipliné et inconscient que le cycliste urbain ?

Les barrières, c’est le plus souvent la « politique du parapluie ». On se couvre à tous les niveaux, du président de région au technicien chargé de la réalisation. Faute de pouvoir faire appliquer la loi par de simples panneaux, on en arrive à gêner le simple usager cycliste quand on n’oblige pas tandems, tricycles, vélos avec remorques ou sacoches à mettre pied à terre pour manœuvrer. Sur certaines Voies Vertes on comptabilise jusqu’à une barrière tous les 500 m. On lira avec intérêt ce commentaire d’un cycliste douaisien sur la Voie Verte Orchies-Fenain : le Conseil Général du Nord postule au Guiness du nombre de barrières.

Les barrières posent également le problème de l’accès des handicapés aux Voies Vertes (ce qui tombe sur le coup de la loi de 2005 sur l’accessibilité). Voir l’article barrières et chicanes sur le site de la FCDE.

TEMOIGNEZ ! Si vous avez rencontré des problèmes de barrières sur certaines Voies Vertes, pensez comme d’autres à faire part de votre expérience sur le site de l’AF3V. Choisissez la Voie Verte incriminée sur la carte interactive puis cliquez sur l’onglet « Témoignages » et « Envoyez vos témoignages ».  Vous lirez par exemple des témoignages intéressants sur la Voie Verte de Questembert à Mauron et celle de Flers à Domfront.

RESSOURCES. Pour finir, vous lirez la « fiche technique barriérage et accès » de Via Rhôna  (je n’ai rien lu d’aussi intelligent concernant le problème) ainsi que ce document « Véloroutes et intersections » sur le site du Ministère du Développement Durable.

 


 

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